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Référencement ChatGPT : comment un site de PME finit cité par les IA
Référencement ChatGPT : ce que ChatGPT, Perplexity et Claude lisent sur un site de PME, ce qui les décide à citer une page, et un plan en 30 jours.
Le gérant d'une société de sorties en voilier avec skipper, sur le port de Cassis, m'a tendu son téléphone en septembre 2025, entre deux clients qui posaient leurs gilets mouillés sur le comptoir. Il avait demandé à ChatGPT où louer un voilier avec skipper entre Marseille et La Ciotat. Trois noms. L'un a fermé en 2023. Le sien n'y était pas, alors qu'il paie quelqu'un depuis 2019 pour sortir premier sur Google avec « sortie voilier skipper Cassis », et qu'il sort premier.
Le référencement ChatGPT consiste à faire en sorte qu'un moteur qui rédige des réponses puisse lire votre site, lui faire confiance et le citer. En pratique je vérifie trois choses. Un robot qui ne clique sur rien trouve-t-il votre texte dans le code de la page ? Chaque page répond-elle à une question précise, réponse en tête ? Les prix, l'adresse, les dates sont-ils écrits en toutes lettres ? Un moteur de réponse ne répète que ce qu'il peut répéter sans se tromper ; dans le doute, il se tait sur vous.
J'ai longtemps rangé ça dans les sujets de l'an prochain. Médiamétrie m'a fait changer d'avis avec son bilan de l'année Internet 2025 : 44 % des Français, soit 28,1 millions de personnes, discutent au moins une fois par mois avec un agent conversationnel, et 7,1 millions tous les jours. En face, les moteurs de recherche classiques en reçoivent encore près de 40 millions par jour. Presque six fois plus, d'accord, on a un peu de marge.
Pas beaucoup. D'après l'Arcep, 48 % de la population utilise l'IA générative (quinze points de plus en un an), et 73 % de ces utilisateurs s'en servent pour chercher une information. Chez les patrons, Bpifrance Le Lab a vu la part des TPE-PME qui se servent d'IA générative passer de 15 % fin 2023 à 55 % fin 2025. Vos clients demandent à une machine, qui répond avec ce qu'elle a pu lire.
Ce que ChatGPT lit vraiment
Pas votre site, ou pas celui que vous voyez.
Chaque éditeur envoie plusieurs robots, chacun avec sa tâche. Chez OpenAI, OAI-SearchBot construit l'index de la recherche ChatGPT, ChatGPT-User va chercher une page à l'instant où quelqu'un pose sa question, et GPTBot ramasse du texte pour entraîner les modèles. Anthropic a le même découpage, avec Claude-SearchBot, Claude-User et ClaudeBot. Perplexity a PerplexityBot pour son index et Perplexity-User pour les requêtes en direct, dont sa propre documentation dit qu'il « ignore généralement » le robots.txt, au motif que la demande vient d'un humain.
Sur les sites WordPress que je reprends, je tombe souvent sur une case « bloquer les robots IA », cochée un jour dans une extension de sécurité, qui refuse tout ce qui vient d'OpenAI. Or OpenAI l'écrit noir sur blanc : un site fermé à OAI-SearchBot n'apparaît pas dans les réponses de sa recherche. On croyait protéger ses textes. On a retiré sa boutique de la carte.
À Cassis, le robots.txt était propre, et le problème se cachait dans les journaux du serveur. ChatGPT-User était passé onze fois en un mois sur la page d'accueil, onze personnes donc, avec une question où le nom de la société avait sa place. À chaque passage le robot avait reçu un titre, un bandeau de cookies et 1,8 Mo de JavaScript, parce que le site était une application qui n'affiche son texte qu'une fois chargée dans le navigateur. Les clients voyaient des voiliers. Le robot, rien.
Le test prend trente secondes : désactivez JavaScript et rechargez votre page d'accueil. Ce qui reste à l'écran est ce que lit un moteur de réponse. Un menu et un formulaire de contact ? Vous tenez votre problème. Toute la différence entre une application web et un site web se joue là.
Référencement ChatGPT et SEO : ce qui change, ce qui reste
Pendant six mois, j'ai répondu aux clients que le GEO, c'était du SEO avec un acronyme neuf pour facturer plus cher. Je le pense encore à moitié. L'autre moitié tient à ce qu'on gagne à la fin.
En SEO on vise la première place, et la première place donne le clic. Le GEO (generative engine optimization, nom donné fin 2023 par une équipe de Princeton et de l'IIT Delhi) n'a pas de classement : votre page est dans la réponse ou elle n'est nulle part. Et quand elle y est, personne n'est obligé de venir la voir.
Le Pew Research Center a suivi en mars 2025 la navigation de 900 adultes américains. Quand Google posait un résumé IA en haut de la page, 8 visites sur 100 comportaient un clic sur un lien ordinaire ; sans résumé, 15. Les liens cités dans le résumé, eux ? Cliqués dans 1 % des visites. Ahrefs, sur 300 000 mots-clés, trouve que le premier résultat perd 34,5 % de ses clics dès qu'un Aperçu IA s'installe au-dessus de lui.
Être cité par quelque chose qui envoie moins de monde, voilà le contrat. Semrush avance qu'un visiteur venu d'une IA convertit 4,4 fois mieux qu'un visiteur de Google ; son échantillon de plus de 500 sujets de marketing et de SEO ne ressemble à aucune PME de la côte, mais chez mes clients je vois la même pente, moins raide. Le visiteur qui arrive par Perplexity a déjà comparé trois loueurs. Il demande s'il reste de la place samedi.
Une chose n'a pas bougé : il faut d'abord être indexé. La documentation de Google ne demande rien de plus pour les Aperçus IA ou le Mode IA, ni fichier ni balisage spécial. Si vos pages locales sont bancales, commencez par le référencement naturel local de votre PME.
Une réponse par page
La page s'appelait « Nos prestations ». Quatre blocs de texte, une photo du Bec de l'Aigle au coucher du soleil, et nulle part le prix d'une sortie. Le gérant le donnait au téléphone, il préférait, « sinon les gens comparent ». Ils comparent quand même, maintenant, mais par ChatGPT interposé, et ChatGPT n'appelle pas.
On l'a remplacée par une page pour chaque vraie question. « Combien coûte une sortie en voilier avec skipper au départ de Cassis ? » en est une, et elle commence ainsi : à partir de 380 € la demi-journée pour six personnes, skipper compris, carburant en sus, d'avril à octobre. Le coucher de soleil est resté, plus bas.
Ça ne sort pas de mon chapeau. Les chercheurs de Princeton ont essayé neuf manières de réécrire une page pour qu'un moteur génératif la reprenne plus souvent, et celles qui ont gagné n'avaient rien de technique : ajouter des statistiques, citer ses sources, insérer des citations textuelles. Entre 30 et 40 % de visibilité en plus dans les réponses, d'après l'article qu'ils ont présenté à KDD 2024, alors que le bourrage de mots-clés ne donnait presque rien. Moi qui espérais une astuce, j'ai eu droit à une leçon de journalisme.
Après, je deviens pénible. Je réclame le tarif et la date à laquelle il a été fixé, le code postal, le nombre de places à bord, l'année d'ouverture, tout ce qu'un moteur va comparer entre votre site, votre fiche Google et les annuaires. Le site annonçait une ouverture en 2019, la fiche Google 2017 ; le gérant n'a jamais retrouvé d'où sortait l'écart. Face à deux versions, un moteur choisit seul. Ou il cite le voisin.
Reste la FAQ, dont on se moque depuis dix ans. Une question, trois phrases de réponse : c'est le morceau qu'un moteur de réponse découpe et recopie. Google n'affiche plus ses extraits FAQ depuis le 7 mai 2026, et chaque article de ce blog en a une quand même.
llms.txt, données structurées, sources
Trois sujets reviennent dans presque tous mes appels. Sur les trois, je vais décevoir.
Le premier, c'est llms.txt, un fichier que Jeremy Howard a proposé en septembre 2024 : du Markdown à la racine du site, un titre, un résumé, puis des liens vers vos pages en version lisible. L'idée me plaît, elle est propre. Seulement John Mueller, chez Google, a écrit sur Bluesky le 17 juin 2025 qu'aucun système d'IA ne s'en servait, et que n'importe quel journal de serveur le montrait. J'ai regardé les miens : pas une seule requête. Notre générateur de blog en écrit un quand même, puisque ça ne coûte rien.
Deuxième sujet, les données structurées. Google ne réclame aucun schéma particulier pour ses fonctions IA, seulement un balisage qui dise la même chose que la page. J'en ajoute pour une raison bête : remplir un bloc LocalBusiness oblige à écrire les faits une fois, au propre, et c'est en le remplissant pour la société qu'on a découvert le 2017 de la fiche Google.
Troisième sujet, les sources, que les PME sautent presque toujours. « Selon l'Arcep » avec un lien vers la page exacte donne au moteur une raison de vous croire ; « des études montrent » n'en donne aucune, ni à lui ni au lecteur.
Trente jours
Sur un site existant, le plan tient en un mois, pour deux à quatre jours de travail effectif. Je me méfie de qui en vend plus.
La première semaine je ne touche à rien, je lis. Le robots.txt d'abord, où traînent des blocages d'OAI-SearchBot, de Claude-SearchBot ou de PerplexityBot hérités de la case « bloquer les robots IA » (GPTBot et ClaudeBot, c'est l'entraînement, un autre débat). Ensuite les journaux du serveur, et les dix pages les plus vues relues JavaScript coupé.
La semaine d'après, cinq pages, celles qui font rentrer de l'argent ; les quarante autres attendront. À Cassis, ça allait de la balade en famille dans les calanques à la sortie d'entreprise du vendredi. Pour chacune, le gérant m'a dicté les questions qu'il entend au téléphone, on en a fait le titre et la FAQ, et la réponse est remontée dans les cent premiers mots. La page « Nos valeurs » (900 mots sur la passion de la mer) a sauté. D'après les journaux, personne n'y allait.
La troisième semaine, en temps normal, c'est une demi-journée de technique : le JSON-LD, les dates, le plan du site. Pour la société de Cassis, ça a été autre chose, parce qu'il a fallu passer tout le site en rendu côté serveur, et cette ligne-là a coûté plus que le reste du chantier. Je comprends qu'on rechigne à la payer. C'est la seule qui change ce que reçoit le robot.
La quatrième, on mesure, avec un tableur parce que je n'ai rien trouvé de mieux. Vingt questions que vos clients poseraient, soumises le même jour à ChatGPT, Perplexity et Claude depuis un compte vierge, les noms cités notés moteur par moteur, et on recommence le mois suivant. Les outils payants de « visibilité IA » font pareil, en plus joli.
Six semaines après la mise en ligne, sur nos vingt questions, Perplexity citait la société quatre fois et ChatGPT deux. Pas de quoi faire une conférence. Le loueur fermé en 2023 avait disparu des réponses, et c'est ça qui a fait plaisir au gérant.
Sur un site neuf, tout ça se décide avant la première ligne de code et ne change rien au prix d'un site internet : au studio, ça passe dans la liste de contrôle avant mise en ligne, avec le DNS. C'est en reprise que ça se paie, quand il faut refaire la façon dont les pages sont servies.
Pour voir ce que ChatGPT récupère de votre site aujourd'hui, on peut ouvrir vos journaux ensemble pendant un appel de quinze minutes.
FAQ
Comment apparaître sur ChatGPT quand on est une PME ?
Laissez passer OAI-SearchBot dans le robots.txt, servez un texte lisible sans JavaScript, et écrivez une page par question avec la réponse en tête et des faits datés. Il n'existe ni inscription ni paiement pour apparaître sur ChatGPT. Le moteur reprend les pages qu'il a pu lire et qu'il peut citer sans risque.
Faut-il un fichier llms.txt ?
Il ne fait pas de mal. Mais aucun grand moteur n'a confirmé le lire, et John Mueller, de Google, a écrit en juin 2025 qu'aucun système d'IA ne s'en servait. Mettez-en un si c'est gratuit, sans rien en attendre.
Les données structurées aident-elles à être cité par ChatGPT ?
Pas directement : Google indique qu'aucun balisage spécial n'est requis pour ses fonctions IA. Elles aident par la bande, en obligeant à écrire des faits cohérents avec la page, que les moteurs recoupent. Mieux vaut aucun balisage qu'un balisage qui contredit le texte.
Combien de temps avant d'être cité par ChatGPT ?
OpenAI compte environ 24 heures pour qu'un changement du robots.txt soit pris en compte ; une page réécrite met plus longtemps à remonter. Sur les sites que j'ai suivis, les premières citations dans Perplexity arrivent en deux à quatre semaines, dans ChatGPT un peu après.
Faut-il bloquer les robots des IA ?
Pas tous. Refuser GPTBot ou ClaudeBot empêche que vos textes servent à entraîner les modèles, et c'est un choix qui se défend. Refuser OAI-SearchBot, Claude-SearchBot ou PerplexityBot vous retire des réponses, en tout ou en partie, ce qui est rarement le but d'une PME. Les robots lancés à la demande d'un utilisateur, ChatGPT-User par exemple, peuvent de toute façon passer outre le robots.txt.
Sources
- Médiamétrie, L'Année Internet 2025
- Arcep, Baromètre du numérique, communiqué du 9 février 2026
- Bpifrance Le Lab, 82e baromètre TPE-PME, janvier 2026
- OpenAI, Overview of OpenAI crawlers
- Anthropic, Does Anthropic crawl data from the web?
- Perplexity, Perplexity crawlers
- Google Search Central, AI features and your website
- Google Search Central, journal des mises à jour (fin des extraits FAQ, mai 2026)
- Aggarwal et al., GEO: Generative Engine Optimization, KDD 2024
- Pew Research Center, Google users and AI summaries, juillet 2025
- Ahrefs, AI Overviews Reduce Clicks by 34.5%
- Semrush, AI Search Traffic Study, juillet 2025
- llmstxt.org, The /llms.txt file
- Search Engine Roundtable, Google: No AI System Currently Uses LLMs.txt