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Création site internet : le prix réel en 2026, grille par grille
Création site internet : prix réels en 2026 (Wix, indépendant, agence), notre devis à 1 900 € HT en 2 à 4 semaines, et les coûts cachés.
Trois devis sur la table d'une école de voile de Cassis, en mars 2024. 890 € par un cousin qui « fait du Wix ». 3 400 € par un développeur indépendant de Marseille. 11 800 € par une agence du cours Lieutaud, atelier « plateforme de marque » en option. La gérante voulait que je lui dise lequel était le bon. Aucun n'était faux, ils ne vendaient pas la même chose, c'est tout.
Tapez « création site internet prix » et Google vous répond de 500 à 50 000 €, ce qui est exact et ne sert à rien. Ce que je lui ai répondu a tenu au dos d'un set de table, au club, pendant qu'il pleuvait sur les Optimist rangés dehors : de 0 à 160 dollars par mois pour un site monté soi-même sur Wix, 2 000 à 5 500 € chez un indépendant, 5 000 à 15 000 € en agence, et on approche les 10 000 € dès que le site doit réserver, encaisser ou ouvrir un espace client, quel que soit le prestataire.
Chez nous, un site vitrine dessiné à partir d'une page blanche démarre à 1 900 € HT, pour une mise en ligne en 2 à 4 semaines.
Création site internet : prix par filière en 2026
Cousin, indépendant, agence. La gérante croyait comparer trois niveaux de qualité, elle comparait trois façons de payer.
Le cousin vend du Wix, donc un loyer. Sur la grille américaine de Wix, les forfaits vont de 17,77 $ à 159,77 $ par mois, payés d'avance pour l'année. Ses soirées, le cousin ne les a facturées à personne, et il ne les offrira pas une deuxième fois (on y revient).
Chez l'indépendant, on paie des jours. Les moyennes Malt publiées par le Journal du Net en 2024 donnent 556 € la journée pour un développeur back-end, entre 340 et 539 € pour un spécialiste WordPress. Cinq à dix jours pour un site vitrine si le client répond vite : multipliez, et les 3 400 € du Marseillais tombent au milieu de ma deuxième fourchette. HubSpot France, dans un guide mis à jour en mai 2026, découpe autrement et arrive au même endroit, avec 200 à 3 000 € pour un site vitrine « personnalisé » et 2 000 à 10 000 € pour un « sur mesure ».
L'agence vend une équipe. Chef de projet, réunions, atelier post-it, et une file d'attente, parce que six autres clients attendent leur tour. Cette fourchette-là, je ne l'ai lue nulle part : elle sort des devis que mes clients me transfèrent depuis trois ans avec « vous en pensez quoi ? » en objet. Le moins cher disait 4 200 €. Le plus cher, 23 000 € pour six pages et un « audit sémantique » que personne, ni chez le client ni à l'agence, n'a su me décrire au téléphone.
Reste le développement spécifique. Là, on n'achète plus un site, on achète un logiciel qui a l'air d'un site, et je le chiffre comme un logiciel, à partir de 9 000 € HT.
Pourquoi les moyennes trompent
Pourquoi des écarts pareils sur le prix d'un site internet ? Parce que la plupart des petites entreprises françaises louent leur site plus qu'elles ne l'achètent, et que les moyennes mélangent les deux. L'Afnic a sondé près de 2 500 micro-entreprises, TPE et PME pour son étude 2025 : 61 % ont un site (70 % en 2024), et 66 % mettent moins de 300 € par an dans toute leur présence en ligne. Le panel est jeune (54 % des entreprises ont moins d'un an), ce qui explique une partie de la baisse.
Plus haut, chez les 10 salariés et plus, l'Insee comptait 69 % d'entreprises avec un site en 2023. Et France Num, qui a interrogé 11 021 entreprises pour son baromètre 2025, trouve 78 % de dirigeants persuadés que le numérique leur apporte des bénéfices réels. Persuadés, alors que deux répondants de l'Afnic sur trois y mettent moins de 300 € par an. Je ne me moque pas. Le jour où l'un d'eux veut vraiment y mettre de l'argent, il n'a aucun repère, alors il m'appelle avec trois devis.
Ce qui fait bouger le devis
L'an dernier j'ai envoyé onze devis de site vitrine. Le moins cher faisait 1 900 €, le plus cher 6 400 €, et le nombre de pages n'expliquait presque rien de l'écart : passer de cinq à huit pages me prend une demi-journée. Une deuxième langue compte davantage (tout se relit deux fois, le référencement double, et il faut reprendre la mise en page parce qu'un titre traduit n'a jamais la même longueur).
Les textes, ensuite. HubSpot France compte au minimum 140 € la page de rédaction. Ils ne sont pas compris dans mon forfait, c'est écrit à la première ligne du devis, et avant qu'on s'y mette j'envoie souvent le client lire ce qu'un site vitrine doit contenir pour rapporter. Les photographes avec qui je travaille autour de La Ciotat prennent 300 à 500 € la demi-journée, et la plupart des clients enlèvent cette ligne, puis m'appellent trois semaines après la mise en ligne pour savoir si on ne pourrait pas « juste refaire celles de l'équipe ».
Les vrais écarts viennent des branchements. Un caviste de La Ciotat voulait quatre pages en septembre. Huit jours plus tard il voulait aussi vendre ses coffrets de Noël en ligne, avec le stock relié à sa caisse, et le devis est passé de 2 300 à 11 500 €. C'est en général à ce moment que le tarif de création d'un site internet professionnel change de fourchette : quand il faut encaisser, réserver ou synchroniser un stock, je ne chiffre plus un site mais une application web.
1 900 € HT et 2 à 4 semaines : ce qu'il y a dedans
Prenons le dernier site livré, celui d'un ostéopathe de La Ciotat, en ligne depuis juin. Six pages, trois semaines entre le premier appel et la mise en ligne, dont cinq jours passés à attendre ses textes (c'est presque toujours ça qui bloque). Dans les 1 900 € HT il y avait une heure d'appel, une page de direction qu'il a corrigée deux fois, la maquette, le développement, les animations, la version mobile vérifiée sur un vrai téléphone en 4G, et la mise en ligne : DNS, hébergement, statistiques, certificat.
La page de direction, j'en fais une depuis 2022. Cette année-là, avec un restaurant de Bandol, on s'est rendu compte au troisième rendez-vous qu'on ne parlait pas du même site.
Non compris : les textes, les photos, la pub. Pas d'abonnement de maintenance non plus, un site vitrine sans base de données n'a rien à mettre à jour. L'ancien prestataire de l'ostéopathe lui prenait 70 € par mois pour ça depuis 2020, environ 5 000 € en six ans, et il ne l'avait jamais calculé.
Le domaine est à son nom, le code est à lui, et le jour où l'hébergement deviendra payant, c'est lui que l'hébergeur facturera. La méthode du studio est décrite en détail sur une autre page. Les agences de Marseille facturent souvent plus cher, et j'explique dans un autre article dans quels cas elles ont raison.
Les coûts qui n'apparaissent sur aucun devis
C'est un notaire d'Aubagne qui m'a appris à lire la ligne « nom de domaine ». Son ancienne agence avait fermé sans prévenir, le domaine enregistré à son nom à elle. J'ai passé un après-midi au téléphone avec le bureau d'enregistrement pour le récupérer, copie de carte d'identité à l'appui.
Chez Gandi, un .fr coûte 7,20 € TTC la première année, puis 28,78 € par an au tarif normal de renouvellement. Sur dix ans, autour de 270 €. Pas grand-chose, à condition qu'il soit à votre nom et pas à celui du prestataire, ce qui se vérifie avant de signer.
L'hébergement, HubSpot le place entre 80 et 2 000 € par an, ce qui ne dit rien tant qu'on ne sait pas ce qu'on héberge. Mes sites sont des fichiers statiques. La formule gratuite de l'hébergeur suffit à la plupart, et on passe à une vingtaine d'euros par mois quand le trafic grossit, ce qui est plutôt bon signe.
Un WordPress à douze extensions se situe plutôt en haut de la fourchette. Pour la maintenance, HubSpot compte 50 à 500 € par mois, et c'est ce genre de site qui la consomme. Ce n'est pas la faute de WordPress : une base de données et des extensions demandent des mises à jour, et quelqu'un doit les faire. Si vous hésitez entre WordPress et un site sur mesure, regardez ce que coûtera la deuxième année.
À Cassis, la gérante de l'école de voile a fait l'addition devant moi au printemps 2025, sur son relevé de compte. 890 € pour la création, puis un peu plus de 900 € d'abonnements en douze mois : le forfait Wix, payé à l'année même s'il s'affiche au mois, plus une application de réservation, une messagerie et un formulaire de contact un peu évolué, chacun prélevé à part, 9 € par-ci, 14 € par-là.
Une adresse e-mail sur votre propre nom de domaine coûte quelques euros par mois. D'après l'Afnic, seules 51 % des entreprises qui ont un site en utilisent une, cinq points de moins qu'un an plus tôt.
Il y a aussi votre temps. Toujours d'après l'Afnic, 44 % des TPE et PME interrogées passent une heure par jour ou plus sur leur présence en ligne. Au taux horaire d'un artisan, c'est souvent le plus gros poste du budget, et il n'apparaît sur aucune facture.
Lire trois devis sans se tromper
Devant trois devis, je pose les mêmes cinq questions aux trois prestataires. Combien de pages et combien de tours de corrections, et qui écrit les textes (souvent vous, sans qu'on vous l'ait dit). À qui appartiendront le domaine et le code si vous vous séparez. Combien coûte la deuxième année, tout compris. Qui répond quand le formulaire ne marche plus un samedi. Et à quelle date le site sera en ligne.
S'il manque une réponse, le devis est incomplet, ce qui ne veut pas dire malhonnête. Dans le cas de l'école de voile, les 10 900 € d'écart entre le cousin et l'agence s'expliquaient presque entièrement par ces cinq points. Ce sont aussi les questions à poser pour choisir une agence web.
L'école de voile, donc. La gérante a pris le cousin et Wix, ce que j'aurais peut-être fait à sa place : 890 €, un site en ligne en dix jours. Au printemps 2025, la page d'accueil mettait 9 secondes à s'afficher en 4G sur le parking du club. En 2017, Google chiffrait à 53 % la part des visiteurs mobiles qui quittent une page qui met plus de trois secondes à charger, et personne n'avait jamais ouvert celle-là sur un téléphone, ni le cousin ni la gérante.
Entre-temps, le module de réservation avait augmenté ses tarifs et le cousin s'était installé à Montréal. On a refait le site en trois semaines, à 1 900 € HT, avec un simple lien vers leur outil de réservation. Sur les deux années, elle a payé plus que ce que demandait l'indépendant en mars 2024. Je n'en tire pas de morale, c'est une addition.
Trois devis sur la table et quinze minutes devant vous : on peut les lire ensemble.
FAQ
Combien coûte un site internet pour une petite entreprise ?
Pour cinq à dix pages sans réservation ni paiement, les devis que mes clients me font suivre vont en général de 2 000 à 5 500 € chez un indépendant et de 5 000 à 15 000 € en agence. En dessous de 2 000 €, on achète le plus souvent un gabarit ou un abonnement. Chez Studio Calanque, un site vitrine dessiné sans gabarit démarre à 1 900 € HT, soit 2 280 € TTC.
Un site Wix à 17 $ par mois revient-il moins cher qu'un site à 1 900 € ?
La première année, oui. L'école de voile de Cassis a payé 890 € de création et un peu plus de 900 € d'abonnements en douze mois, puis 1 900 € HT pour refaire le site. Sur deux ans, cela fait environ 3 700 €, plus que les 3 400 € du devis de l'indépendant.
Que doit contenir un devis de création de site internet ?
Le nombre de pages et de tours de corrections, qui fournit les textes et les photos, à qui appartiennent le domaine et le code, le prix de la deuxième année et une date de mise en ligne. Dans les devis qu'on me demande de relire, il en manque souvent deux, et le domaine est presque toujours l'un des deux.
Combien de temps faut-il pour créer un site internet ?
Il a fallu trois semaines pour l'ostéopathe de La Ciotat, dont cinq jours à attendre ses textes. Pour un site vitrine, comptez deux à quatre semaines si le contenu est prêt au départ, le double s'il arrive en cours de route. Sur les devis d'agence que je relis, les délais annoncés vont plutôt de deux à quatre mois, à cause de la file d'attente.
Sources
- Afnic, « Réussir avec le web » 2025, communiqué (PDF)
- Afnic, « Réussir avec le web » 2025, rapport complet (PDF)
- Insee Références 2025, « Sites et réseaux sociaux des entreprises »
- DGE / France Num, baromètre 2025 du numérique dans les TPE et PME
- HubSpot France, « Combien coûte un site internet ? »
- Journal du Net, « Développeurs freelance, comment fixer vos tarifs » (chiffres Malt)
- Gandi, nom de domaine .fr
- Wix, Premium plans pricing (États-Unis)
- Google, AMP Project blog, « New industry benchmarks for mobile page speed » (2017)