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Site vitrine : ce qu’il doit contenir pour amener des clients, et ce qu’il coûte
Site vitrine en 2026 : les cinq pages qui amènent des clients, les vrais prix (de 0 à 15 000 €), les erreurs des artisans et le délai réel.
Un soir d’août 2025, sur le parking de la gare de La Ciotat, un plombier-chauffagiste de Ceyreste m’a mis son téléphone sous le nez, son site vitrine ouvert dessus. « Ça m’a jamais rapporté un appel, ce truc. » Quarante visites par mois, zéro appel : sur le chiffre, il avait raison. Sur le coupable, non. Son numéro était bien là, en gris clair tout en bas de la page contact, et on ne pouvait pas appuyer dessus pour appeler. Il fallait le recopier à la main, et personne ne le faisait.
Un site vitrine présente une entreprise sans rien vendre en ligne : ce que vous faites, pour qui, où, à partir de quel prix, et comment vous joindre. Pour ramener des clients, il lui faut cinq pages (accueil, une par prestation, réalisations, qui vous êtes, contact), un numéro qui lance l’appel quand on tape dessus et un affichage en deux secondes et demie sur téléphone. Il coûte de zéro euro de création sur Wix (puis 17,77 $ par mois, à vie) à 15 000 € et plus en agence. Chez nous, il démarre à 1 900 € HT et il est en ligne en 2 à 4 semaines.
Qu’est-ce qu’un site vitrine, au fond
La question, formulée comme ça, on ne me la pose jamais. Le carreleur de Carnoux qui m’a appelé en mars disait « un site, mais pas une usine à gaz », et l’usine à gaz, pour lui, c’était le panier, les comptes clients, les colis à expédier. Un site vitrine n’a rien de tout ça. Il ne prend ni argent ni rendez-vous ; il montre votre travail à quelqu’un qui ne vous connaît pas encore, et ce quelqu’un appelle ou s’en va.
L’Insee confirme, à sa manière. Chez les entreprises de 10 salariés et plus, en 2023, 69 % avaient un site ; parmi elles, trois sur quatre (74 %) y mettaient la description de leurs produits ou des prix, et à peine 30 % prenaient des commandes ou des réservations. Les hôtels et les restaurants font exception : 66 % y prenaient des réservations, et ça, n’importe quel serveur du Vieux-Port vous l’aurait dit avant l’Insee.
Plus on descend en taille, moins il y a de sites. L’Afnic a sondé près de 2 500 micro-entreprises, TPE et PME pour « Réussir avec le web » 2025 et n’en trouve que 61 % qui ont un site, neuf points de moins qu’en 2024. Le panel compte 54 % de boîtes de moins d’un an, ce qui plombe la moyenne, mais enfin : quatre sur dix sans site. Mon plombier, lui, en avait un, et ça ne changeait rien.
Les cinq pages qui comptent
Cinq. Sept si vous y tenez vraiment. Une pâtissière de Roquevaire m’en a réclamé douze l’an dernier ; je lui ai demandé qui allait tenir à jour les sept de trop, elle a ri, on en est restés à cinq. Les voici dans l’ordre où un inconnu les lit, pas celui du menu.
L’accueil. Le plombier tenait à son slogan (quelque chose avec « l’excellence » dedans, je n’invente rien). On l’a remplacé par « Plomberie et chauffage, dépannage le jour même, de Cassis à Saint-Cyr », que n’importe qui comprend en une seconde. Dessous, une chaudière qu’il a posée à Gémenos et le bouton d’appel, les deux visibles sans faire défiler.
Pourquoi si peu ? Le Nielsen Norman Group a repris une étude de Microsoft Research sur 205 873 pages web : c’est dans les dix premières secondes que les gens décident de rester ou de partir. En dix secondes, on ne lit pas trois paragraphes sur la passion du métier transmise de père en fils, et il en avait mis trois.
Puis une page par prestation. Des pages « Nos services » à six icônes rondes, j’en ai livré moi-même au début, avant d’ouvrir les statistiques et de voir que personne ne cliquait sur aucune icône. Chez lui, il y en a une pour le remplacement de chaudière, une pour la recherche de fuite, avec chaque fois un prix de départ, un délai, les communes couvertes et deux photos de vrais chantiers. Quand quelqu’un tape « recherche de fuite Ceyreste », c’est celle-là que Google sort, et c’est la seule que les gens lisent jusqu’en bas.
Vient la page des réalisations, où je ne veux voir que des photos prises au téléphone sur le chantier, avant et après, même de travers. La photo de banque d’images, tout le monde la repère. Sous chaque chantier, on recopie un avis Google avec le prénom et la commune, et ça fait le travail d’une page d’arguments que vous n’aurez jamais à écrire.
Quatrième, vous. Votre tête plutôt que votre camion, depuis quand vous faites ça, vos qualifications (RGE, Qualibat, ce que vous avez). On confie ses clés à quelqu’un, pas à un logo.
Reste le contact, la page qui avait coulé le plombier. Un numéro qu’on appelle d’un appui du doigt, l’adresse, les horaires, un formulaire de trois champs au plus. Et une adresse e-mail à votre nom de domaine : l’Afnic n’en trouve que chez 51 % des entreprises qui ont un site, pendant que 36 % écrivent depuis Gmail. Un devis de 4 000 € envoyé depuis plomberie.ceyreste@gmail.com part avec un temps de retard. Personne ne vous le dira en face.
Les erreurs que je revois chez les artisans et les commerçants
Toujours les mêmes, ou presque, du vitrier d’Aubagne à la fleuriste de Cassis, et aucune ne se règle avec un chèque.
Le texte qui parle de vous, pour commencer. J’ai relu l’an dernier le site d’un menuisier où le mot « passion » revenait onze fois, et je ne crois pas qu’un seul client l’ait jamais tapé dans Google. Le type qui cherche « vitrier Aubagne urgence » à 21 h, la porte-fenêtre en miettes, veut deux réponses : vous passez ce soir ? combien ? Écrivez-les en haut.
Pas de prix. L’objection, je la connais par cœur : « chaque chantier est différent ». J’y ai droit à chaque premier rendez-vous, et elle est vraie. Seulement, « intervention à partir de 90 € TTC, devis sous 24 h » trie les curieux et rassure les autres sans vous engager à rien de plus que ce qui est écrit.
Le site rame sur un téléphone. En 2017, Google publiait que 53 % des visiteurs mobiles quittent une page qui met plus de trois secondes à charger ; aujourd’hui, il juge bon un site dont l’élément principal s’affiche en 2,5 secondes au plus pour au moins trois visites réelles sur quatre. Le plombier en était à onze, que j’ai comptées à voix haute, en 4G, sur ce même parking. En cause, un diaporama de dix chaudières à 4 Mo pièce.
Le site ne bouge plus. Des horaires d’été 2023 encore en ligne trois ans après, j’en croise tous les mois, et le client qui trouve porte close ne revient pas (il laisse un avis, par contre).
Pas de mentions légales. Nom, adresse, immatriculation, TVA, hébergeur : c’est obligatoire, et service-public.fr rappelle la sanction, un an de prison et 75 000 € d’amende. Personne n’ira en prison pour ça. Mais un client qui ne trouve pas votre nom sur votre propre site se méfie, à raison.
Site vitrine : prix et tarif en 2026
On peut payer un site vitrine de quatre façons, et ce ne sont pas quatre niveaux de qualité, du bas de gamme au luxe : c’est la même facture, étalée plus ou moins longtemps. Pour le détail ligne par ligne, il y a l’article sur le prix de création d’un site internet. J’ai revérifié les tarifs ci-dessous fin septembre 2026.
Vous pouvez le faire vous-même. Wix prend de 17,77 à 159,77 $ par mois en paiement annuel, Squarespace de 19 à 99 $, et vous ne déboursez rien au départ, sinon vos dimanches. Le loyer, lui, court aussi longtemps que le site. C’est ce que font la plupart des petites entreprises, si j’en crois l’Afnic : 66 % mettent moins de 300 € par an dans toute leur présence en ligne, site compris.
L’indépendant, ensuite : 2 000 à 5 500 € sur les devis que des clients me font suivre. HubSpot France (guide mis à jour le 22 mai 2026) range les prix par finition, pas par prestataire : 200 à 3 000 € pour un modèle qu’on adapte, 2 000 à 10 000 € pour du sur-mesure. S’y ajoutent les textes (140 € la page, au moins), l’hébergement (80 à 2 000 € par an) et, sur un CMS truffé d’extensions, 50 à 500 € de maintenance mensuelle, qu’on découvre la deuxième année. C’est pour ça qu’elle figure parmi les questions à poser avant de choisir une agence web.
Pour les agences, aucune source publique qui tienne debout, alors je m’en tiens aux devis que des clients me font suivre avant de m’appeler : en trois ans, de 4 200 à 23 000 €, le gros du paquet entre 5 000 et 15 000 € pour six ou sept pages. L’écart avec un indépendant paie un chef de projet, des réunions et une place dans la file d’attente. Ce n’est pas du vol, et certaines choses, une agence les fait mieux que moi : je les détaille dans l’article sur les agences web à Marseille.
Notre tarif, et ce que ça rapporte
Quatrième façon, un studio comme le nôtre. Chez Studio Calanque, un site vitrine part de 1 900 € HT. Les pages sont dessinées à partir d’une page blanche, sans thème acheté, testées en 4G, puis mises en ligne avec le domaine à votre nom, et aucun abonnement n’est imposé derrière. Rédaction et photos à part : je l’écris en première ligne du devis pour qu’on n’en parle plus. Les autres travaux du studio sont dans le portfolio.
Et ce que ça rapporte ? Les patrons eux-mêmes doutent : 27 % seulement de ceux qu’interroge l’Afnic trouvent rentable le temps passé en ligne (31 % un an plus tôt). Je crois surtout qu’ils n’en savent rien. Une ligne réservée au site, un compteur sur le formulaire, et dans un mois, vous le saurez, pour presque rien.
Deux à quatre semaines, à une condition
Le planning que je mets sur les devis n’a pas bougé depuis des années. La première semaine sert à décider pour qui on écrit et ce que ce visiteur doit faire en arrivant ; elle se termine par une maquette que vous signez. Par écrit. Un « oui, oui, ça me va » au téléphone, trois semaines après, chacun s’en souvient à sa façon. Puis deux semaines de construction, et les tests sur l’établi, à côté du bloc de marbre, avec mon téléphone, celui de ma voisine et un vieil Android à l’écran fêlé que je garde parce qu’il rame.
Le dernier après-midi, je vous montre comment me demander une modification. Le site est fait de fichiers statiques, sans éditeur : pour changer un prix, vous m’envoyez un e-mail, comme la plupart de mes clients, quatre ou cinq fois par an. Si vous voulez le faire vous-même un dimanche à 22 h, il faut ajouter un petit éditeur, quelques jours de travail en plus, chiffrés à part.
Ce qui fait glisser le calendrier, ce n’est presque jamais le code. Ce sont les textes et les photos. Sur mes quatre derniers sites vitrines, quand tout était là le premier jour, il a fallu trois semaines ; quand les photos sont arrivées à mi-parcours, six. J’ai arrêté de m’en excuser.
Chez le plombier, on a perdu une matinée en tout, à photographier deux chaudières à Roquefort-la-Bédoule parce que les siennes étaient floues. Trois semaines, cinq pages, 1 900 € HT.
Sur son nouveau site, il suffit d’appuyer sur le numéro pour l’appeler, chaque prestation affiche son prix de départ, et les dix autres photos viennent du téléphone qu’il m’avait collé sous le nez ce soir d’août. Les visites ? Une cinquantaine par mois, à peu près comme avant. Les appels sont passés de zéro à six par mois, certains mois dix, à partir du deuxième mois. Et ils viennent bien du site : ce numéro-là n’est écrit nulle part ailleurs, ni sur le camion ni sur ses cartes de visite.
Si votre site existe déjà et ne rapporte rien, ne le jetez pas tout de suite : lisez d’abord quand une refonte vaut le coup, et à quel prix. Et pour un deuxième avis, on peut en parler quinze minutes au téléphone.
FAQ
Qu’est-ce qu’un site vitrine ?
Le site d’une entreprise qui ne vend rien en ligne. Il dit le métier, le secteur, un prix de départ, montre des chantiers, donne un numéro, et ça s’arrête là. Le jour où vous voulez encaisser un acompte sur le site, vous êtes sorti du site vitrine, et votre devis aussi : chez moi, ça devient une application web, à partir de 9 000 € HT.
Combien coûte un site vitrine pour un artisan ?
Si vous le faites vous-même sur Wix, zéro à la création, puis 17,77 à 159,77 $ chaque mois. Chez les indépendants, les devis qu’on me montre tournent entre 2 000 et 5 500 € ; en agence, plutôt 5 000 à 15 000 €. Nous, on part de 1 900 € HT, et vous apportez les textes et les photos.
Combien de temps faut-il pour créer un site vitrine ?
Chez moi, deux à quatre semaines, à condition d’avoir textes et photos le premier jour. S’ils arrivent en route, comptez le double. Sur les devis d’agence que des clients m’ont montrés, le planning annoncé allait plutôt de deux à quatre mois.
Sources
- Insee Références 2025, « Sites et réseaux sociaux des entreprises » (enquête TIC 2023)
- Afnic, « Réussir avec le web » 2025, communiqué du 1er décembre 2025 (PDF)
- Nielsen Norman Group, « How Long Do Users Stay on Web Pages? »
- Google, AMP Project blog, « New industry benchmarks for mobile page speed » (2017)
- Google, web.dev, « Largest Contentful Paint (LCP) »
- Service-public.fr, « Mentions obligatoires sur le site internet d’un entrepreneur individuel »
- HubSpot France, « Combien coûte un site internet ? » (mis à jour le 22 mai 2026)
- Wix, forfaits Premium (prix affichés en dollars)
- Squarespace, Pricing (prix affichés en dollars)