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Refonte site internet : quand la lancer, ce qu’elle coûte, comment garder Google

Refonte site internet : les signaux qui ne trompent pas, le prix réel (dès 1 900 € HT), un cahier des charges d’une page et les redirections à prévoir.

« Refonte site internet » : c’est à peu près ce qu’a tapé dans Google le gérant d’une agence immobilière du Vieux-Port, un dimanche de janvier, après avoir vu le nouveau site de l’agence d’en face. Il me l’a raconté lui-même le lundi au téléphone, un peu gêné, en ajoutant que le sien « marchait plutôt bien, en fait ». Je lui ai demandé combien de mandats le site lui avait apportés l’an dernier. Onze, à peu près, sur un site de 2019. On ne l’a pas refait.

Je lui ai dit ce que je dis à tout le monde. On refait un site quand il ne fait plus son travail, pas quand il a vieilli : quand il s’affiche mal sur un téléphone, que plus personne n’ose y toucher, ou que les demandes n’arrivent plus. Si c’est le moment, comptez chez nous 1 900 € HT minimum pour un site vitrine, et 2 à 4 semaines.

Le plus cher, dans une refonte, n’est écrit sur aucun devis. C’est la semaine où le nouveau site part en ligne et où Google cherche les anciennes pages sans les trouver. Un domaine viticole de Cassis y a perdu la moitié de ses visites, je vous raconte ça plus bas.

Les signaux qui ne trompent pas

Sortez votre téléphone, en 4G, sur un parking, parce que c’est de là qu’on vous cherche : Médiamétrie a calculé que 80 % du temps passé sur internet en France l’est maintenant sur mobile. Si vous devez écarter deux doigts pour lire votre propre numéro, inutile d’aller plus loin. Google, lui, lit votre site comme un téléphone : depuis le 5 juillet 2024, même les derniers sites qu’il explorait encore en version ordinateur ont basculé sur son robot pour smartphone. Et il considère qu’une page traîne quand son plus gros élément met plus de 2,5 secondes à s’afficher.

Ensuite, ce qu’on ne voit pas. Dans l’étude que l’Afnic a menée en 2025 auprès d’environ 2 500 TPE et PME, 38 % seulement disent installer régulièrement leurs correctifs de sécurité, contre 47 % en 2023. Je tombe sur ces sites tout le temps : un WordPress pas mis à jour depuis 2021 avec onze extensions dont trois abandonnées par leur auteur. Changer les couleurs là-dessus ne sert à rien.

Profitez-en pour demander à votre hébergeur quelle version de PHP fait tourner le site : la 8.1 ne reçoit plus de correctifs depuis le 31 décembre 2025, et la 8.2 n’en recevra plus après le 31 décembre 2026.

Il y a aussi la peur, que les gérants avouent rarement en premier. Changer les horaires d’été demande un courriel au prestataire et dix jours d’attente. Ou alors on n’ouvre plus l’éditeur depuis que le menu a disparu après une mise à jour, en 2023.

Les chiffres, quand on en a. Si les visites tiennent et que les demandes de devis baissent, c’est en général que la page d’accueil n’explique plus ce que vous faites aujourd’hui. Souvent on n’en a pas du tout : 39 % des entreprises interrogées par l’Afnic trouvent le web utile et reconnaissent ne pas savoir en mesurer la rentabilité. À celles-là, je demande de compter les demandes pendant un mois avant de refaire quoi que ce soit.

Et la loi, pour certains. Une boutique en ligne qui vend à des particuliers, dans une entreprise de plus de dix salariés et de plus de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, doit être accessible aux personnes handicapées depuis le 28 juin 2025. France Num rappelle que l’amende est de 7 500 € pour une société, 15 000 € en cas de récidive, et qu’elle se cumule pour chaque obligation manquée. Microentreprises et TPE en sont dispensées.

Les mauvaises raisons

Le logo a changé, le concurrent a refait le sien, ou bien on en a assez de voir la même page d’accueil depuis quatre ans, alors que les clients la regardent deux minutes par an. J’ai refusé deux refontes pour ces raisons l’an dernier. Chez Nielsen Norman Group, Hoa Loranger l’écrivait déjà en 2015 : pas de changement radical quand des ajustements suffisent.

Retoucher ou refaire

« On veut tout refaire. » Je l’entends à peu près une fois par semaine, et une fois sur deux, en ouvrant le site sur mon téléphone pendant qu’on me l’explique, je vois autre chose : une photo d’accueil de 4 Mo qui met six secondes à apparaître, un numéro de téléphone enterré tout en bas, un formulaire de onze champs dont « comment nous avez-vous connus ? ». Ça, c’est deux jours de travail. Pas une refonte.

Je le dis contre mon intérêt, tant pis. Avant de signer quoi que ce soit, passez votre site au crible de ce qu’un site vitrine doit contenir pour rapporter des demandes.

Tout refaire, je le conseille quand c’est la base qui coince. L’an dernier, un traiteur de Gémenos était prisonnier d’un constructeur de sites qui refusait d’exporter ses textes : pour partir, il fallait tout recopier à la main, 37 pages. Ailleurs, c’est un thème acheté sur catalogue en 2018 et retouché par trois prestataires qui ne se sont jamais parlé, si bien que plus personne ne sait quel bout de code fait quoi. Sur ces bases-là, chaque retouche coûte plus que la précédente, et on finit par payer pour ne rien casser.

Refonte site internet : le prix réel

Je donne les miens, ils sont affichés sur le site de toute façon.

Une retouche sur le site existant, je la facture au temps passé. Cette année, aucune n’a dépassé 1 000 € HT, parce qu’on ne migre rien.

La refonte complète d’un site vitrine part de 1 900 € HT, pour 2 à 4 semaines. C’est le prix d’une création, plus le plan de redirections dont je parle plus bas, et on repart d’une page blanche en gardant ce qui marchait : les textes qui faisaient appeler, les pages que Google aimait bien, les adresses qu’il connaît. Pour comparer avec ce que demandent freelances et agences, j’ai fait le tour des prix de création de site internet en 2026.

Quand la refonte change la nature du site (prendre des réservations, ouvrir un espace client, brancher le catalogue sur le stock), on sort du site vitrine. On parle alors d’application web, à partir de 9 000 € HT et en 4 à 8 semaines. C’est plus fréquent qu’on ne le croit : d’après l’Insee, en 2023, 30 % des entreprises de dix salariés ou plus qui avaient un site y proposaient la commande ou la réservation en ligne, et 66 % dans l’hébergement-restauration.

Sur un devis de refonte, la note grimpe rarement à cause du design. Elle grimpe à cause de la reprise des contenus. Une étude notariale d’Aubagne avait 160 articles sur son ancien WordPress, dont une quarantaine encore lus tous les mois, et les reprendre un par un avec leurs liens et leurs images m’a pris quatre jours, plus que la maquette.

Le cahier des charges tient sur une page

On m’envoie des cahiers des charges de trente pages qui ne disent ni ce que le site doit rapporter, ni ce qui doit survivre à la refonte. Une page suffit, à condition d’y trouver :

  • ce que le site doit rapporter, avec un chiffre (« quinze demandes de devis par mois », pas « plus de visibilité ») ;
  • les pages qui restent, celles qui disparaissent, celles qui manquent ;
  • ce que vous voulez modifier vous-même, et à quelle fréquence ;
  • qui écrit les textes et qui fournit les photos ;
  • ce qui ne bouge pas : le nom de domaine, les adresses de messagerie, l’outil de réservation que vos clients connaissent ;
  • le budget, et la date à laquelle le nouveau site doit être en ligne ;
  • la liste des adresses actuelles du site, exportée de la Search Console.

La dernière ligne, tout le monde l’oublie, et c’est la seule qui protège votre référencement.

Quand le devis arrive, cherchez le plan de redirections. S’il ne figure pas sur une ligne à part, demandez qui le fait, quand, et comment il sera testé avant la mise en ligne, parce qu’un devis de refonte sans cette ligne, c’est un devis de création qui ne dit pas son nom. Pour les autres questions à poser, j’ai réuni ce qu’il faut vérifier avant de choisir une agence web. Ma façon de mener un projet, étape par étape, est décrite sur la page du studio.

Garder Google pendant la migration

Février 2026, un domaine viticole au-dessus de Cassis. La propriétaire m’appelle : « Notre nouveau site est magnifique et plus personne ne réserve de dégustation. » Il avait été livré en octobre 2025 par une agence lyonnaise, vidéos des vignes au lever du soleil, typographie superbe, rien à redire là-dessus. Mais les visites venues de Google avaient fondu de moitié en huit semaines. L’ancien site comptait 140 pages, des fiches de cuvées de 2014, une page « visiter la cave », un billet sur les vendanges 2017 qui ramenait encore une trentaine de curieux chaque semaine, et les 140 adresses renvoyaient désormais vers la page d’accueil. Toutes.

C’est pile ce que Google demande d’éviter, noir sur blanc, dans sa documentation sur les déplacements de site. Il y réclame une correspondance entre chaque ancienne adresse et sa nouvelle page, pas de redirection en masse vers l’accueil, et des redirections gardées au moins un an.

Personne n’avait conservé la liste, évidemment. Je l’ai reconstituée à la main avec la Search Console et la Wayback Machine, deux jours entiers, puis j’ai écrit les 140 redirections 301 une à une et je les ai testées. Cinq semaines plus tard, les visites étaient revenues à 85 % de leur niveau d’avant. Le billet des vendanges, lui, n’est jamais remonté, et ça m’agace encore.

Le plan de redirections, pas à pas

C’est pour ne jamais revivre ça que j’ouvre chaque refonte avec un tableau à deux colonnes. Pour une quarantaine de pages, ça me prend une demi-journée :

  1. À gauche, toutes les adresses connues de l’ancien site, prises dans le plan du site, dans la Search Console (celles qui ont des clics) et dans ce que ramène un robot d’exploration.
  2. À droite, la nouvelle page de chacune. Celles qui disparaissent pour de bon renvoient une 404 ou une 410, jamais l’accueil.
  3. Une seule redirection 301 par adresse. Google en suit jusqu’à dix et conseille de ne pas dépasser trois, mais pourquoi lui faire faire des détours ?
  4. Tout est testé sur la préproduction, la veille de la bascule au plus tard.
  5. Le jour J, le nouveau plan du site part dans la Search Console. Ensuite je regarde les erreurs chaque matin pendant un mois, avec le café.

Ça va bouger, de toute façon. Google l’écrit lui-même : le classement fluctue pendant une migration, et sur un site de petite ou moyenne taille il faut quelques semaines pour que la plupart des pages soient indexées à leur nouvelle adresse. Si je vois 10 % de visites en moins la deuxième semaine, je ne m’affole pas. La moitié en moins dès le premier jour, là je cherche tout de suite la redirection qui manque, parce qu’il en manque une, toujours.

Reste la date : la basse saison, en début de semaine. Le loueur de bateaux du port de La Ciotat qui me demandait en mai 2025 de « faire vite pour l’été », je lui ai dit non. Le nouveau site est parti en ligne le mardi 4 novembre 2025, à une période de l’année où une erreur coûtait trois réservations et pas trente.

Si vous voulez un avis sur votre site, y compris quand la réponse est « il peut attendre », c’est un appel de 15 minutes.

FAQ

Combien coûte une refonte de site internet ?

Pour un site vitrine, chez nous, à partir de 1 900 € HT, en 2 à 4 semaines : le prix d’une création, plus le plan de redirections. Une retouche ciblée sur le site existant reste en général sous 1 000 € HT. Si la refonte ajoute une réservation ou un espace client, on passe à une application web, à partir de 9 000 € HT.

Une refonte fait-elle perdre son référencement ?

Pas si chaque ancienne adresse est redirigée en 301 vers sa nouvelle page, et que ces redirections restent en place au moins un an comme Google le recommande. Quelques semaines de fluctuation, c’est normal. Une chute brutale le jour de la mise en ligne vient presque toujours de redirections manquantes, ou envoyées en masse vers l’accueil.

Tous les combien faut-il refaire son site internet ?

Il n’y a pas de durée fixe. On refait un site quand il se lit mal sur mobile, quand sa base technique n’est plus mise à jour, ou quand il n’apporte plus de demandes. J’en connais qui tiennent depuis huit ans, et d’autres à refaire au bout de deux.

Que mettre dans le cahier des charges d’une refonte de site internet ?

L’objectif chiffré du site, les pages qui restent et celles qui partent, ce que vous voulez modifier vous-même, qui fournit textes et photos, le budget et la date de mise en ligne. Ajoutez la liste des adresses actuelles exportée de la Search Console, c’est elle qui protège le référencement pendant la migration.

Sources