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Combien coûte un logiciel sur mesure : poste par poste, sur trois vrais projets

Combien coûte un logiciel sur mesure ? Le prix poste par poste, trois projets chiffrés de 9 800 à 25 500 € HT, et ce qui fait doubler la facture.

« Donnez-moi un chiffre, un seul, et je vous dis si on continue. » Il était cinq heures moins le quart sous la halle du MIN des Arnavaux, dans les quartiers nord de Marseille, et le grossiste en fruits et légumes qui m'avait fait venir pour la nuit avait un camion de tomates à vider. Combien coûte un logiciel sur mesure, à dix mille euros près ? Pas de fourchette, merci.

Il a eu la réponse que tout le monde a. Chez Studio Calanque, une application métier sur mesure démarre à 9 000 € HT et se livre en 4 à 8 semaines, pour un seul type d'utilisateur, un processus et un branchement vers un logiciel que vous avez déjà. La plupart de ce que je livre tombe entre 9 000 et 30 000 € HT. Ensuite, 100 à 300 € HT par mois d'hébergement et de maintenance. Le reste se compte en jours de travail, et chaque rôle ou logiciel à brancher en ajoute.

Son logiciel a fini à 9 800 €. Les 800 € de trop, je les explique plus bas, avec deux autres projets qui ont coûté 16 400 et 25 500 €. Et si un simple site suffisait ? La différence entre application web et site web se règle en deux questions.

Combien coûte un logiciel sur mesure, poste par poste

Le grossiste a voulu le détail. Je l'ai écrit au dos d'un bon de livraison posé sur une palette de melons, et à peu de chose près, c'est la même feuille pour tout le monde.

Cadrage, 900 €. Je viens une journée chez vous (chez lui, une nuit) et je repars avec une page qui dit ce qu'on fait, et surtout ce qu'on ne fait pas. Design, 1 600 € : une maquette cliquable de tous les écrans, que ses restaurateurs ont tripotée sur leur téléphone bien avant que j'écrive une ligne de code. Le développement, 4 500 €, dont 1 800 qui filent dans ce que personne ne regarde jamais (les comptes, les droits, la base) et 2 700 dans les six à dix écrans qui font le boulot.

Il reste 1 000 € pour brancher l'outil sur ce que vous avez déjà (chez lui, sa facturation) et 1 000 € pour la mise en service. On reprend vos fichiers. On teste. Deux semaines durant, l'ancien système tourne à côté du nouveau, au cas où.

Tout le monde veut rayer la journée sur place. « On s'est tout dit au téléphone, non ? » Au MIN, sans cette nuit-là, je livrais des tablettes. C'était mon plan en arrivant, une par allée, et il a tenu jusqu'à trois heures du matin, quand j'ai enfin regardé les préparateurs travailler : gants en caoutchouc trempés, cagettes de salade qui dégoulinent, un diable à pousser. Aucun d'eux n'allait toucher un écran.

Le chef d'équipe avait sa feuille pliée en quatre dans la poche arrière, grise de traces de doigts. On imprime, du coup. Une liste par allée, dans l'ordre du parcours, sortie à 2 h 30 par une imprimante laser à 180 €.

L'hébergement et la maintenance se paient à part, tous les mois. Le serveur coûte trois fois rien à cette taille, quelques dizaines d'euros ; dans les 100 à 300 €, ce que vous payez, c'est d'abord mon temps. Restaurer une sauvegarde pour de vrai, une fois par trimestre, histoire d'être sûr qu'elle marche. Passer les mises à jour de sécurité. Décrocher un dimanche si ça plante. Le grossiste paie 140 € par mois.

Ne rognez pas là-dessus. Dans son bilan 2025, Cybermalveillance.gouv.fr met le piratage de compte en tête des menaces contre les entreprises et les associations, avec 21 % des parcours d'assistance et une hausse de 52 % en un an.

Un outil où vos clients se connectent sans double authentification, pas mis à jour depuis dix-huit mois, c'est une porte ouverte.

Trois projets, trois prix

9 800 €, les commandes d'un grossiste

Une soixantaine de restaurants lui passent commande pour le lendemain matin. Les commandes arrivaient par SMS, au téléphone, sur le répondeur, une fois même sur un papier glissé sous l'essuie-glace, et vers deux heures le chef de nuit recopiait tout ça à la main. « Une erreur par nuit, minimum. » Un cageot de persil au lieu d'une botte, et c'est un restaurant du Panier qui n'a pas de taboulé à midi.

En gros, un petit portail client. Le chef du restaurant ouvre sa commande de la semaine dernière, met six kilos de courgettes au lieu de quatre, valide avant 23 h, et va se coucher. Au dépôt, personne ne se connecte jamais (ils lisent la feuille), donc un seul type d'utilisateur. Branché sur la facturation. Cinq semaines. Les 800 € de rab, c'est la mercuriale, les prix au kilo qui bougent tous les après-midi, que le patron tapait déjà dans un tableur et que l'appli lit toute seule à 16 h.

16 400 €, le loueur de matériel

Nacelles et mini-pelles, dans la zone industrielle de Rousset. Là, il y avait deux types d'utilisateurs : les trois du comptoir et les artisans qui réservent depuis leur camionnette. Plus un état des lieux en photos au départ et au retour, signé sur une tablette.

L'état des lieux, c'est lui qui a fait le prix. « Trois litiges l'an dernier, j'en ai perdu trois », m'a dit le patron. L'un des trois portait sur un flexible hydraulique à 2 300 €. Il voulait les photos du départ et du retour côte à côte, avec l'heure dessus, et cet écran-là a coûté à peu près 3 000 €.

La caution par empreinte de carte, qui fait peur à tout le monde, a pris deux jours. Sept semaines en tout.

Sur le comptoir traînait un autre devis, 52 000 €, d'une société de services marseillaise, avec deux applications natives et un tableau de bord de direction. Ses artisans, eux, voulaient juste une mini-pelle pour jeudi.

25 500 €, celui qui a doublé

Un cabinet de diagnostics immobiliers à Toulon. Quatre diagnostiqueurs, des DPE et des repérages amiante du matin au soir. J'avais dit 12 800 € après la journée sur place, et on a fini à 25 500.

Le code n'y est presque pour rien. Tout l'historique tenait dans une base FileMaker montée en 2006 par l'ancien associé, quatorze mille dossiers, et un champ « Remarques 2 » qui contenait, suivant les années, le code du portail, le nom du syndic ou le prénom du chien. Trois semaines pour remettre ça d'aplomb, soit 7 400 €. Je les avais sous-estimées, et de loin.

La quatrième semaine, la gérante a voulu que l'appli sorte aussi les factures. Il y a deux ans, j'aurais généré un PDF et basta. Plus maintenant. Selon la fiche que la DGFiP consacre aux petites entreprises, une PME devra, à partir du 1er septembre 2027, émettre ses factures sous forme électronique en passant par une plateforme agréée, et le logiciel métier qui facture devra être une « solution compatible », donc capable de lui parler.

Ça a fait 5 300 € en plus, chiffrés par écrit avant que je touche à quoi que ce soit. Je lui ai quand même dit que son logiciel comptable le faisait déjà très bien : il était compatible depuis juin. « Je veux tout au même endroit, Gaël. » Bon. 12 800 plus 7 400 plus 5 300, le compte y est.

Ce qui fait doubler la facture

Sur mes devis des trois dernières années, quand la facture a doublé, ce n'était jamais parce que le code était plus dur que prévu. C'était presque toujours pour l'une de ces raisons :

  • un deuxième ou un troisième type d'utilisateur, avec ses écrans et ses droits ;
  • de vieilles données (un tableur propre se reprend en une journée, la base de Toulon a pris trois semaines) ;
  • un logiciel à brancher sans API, qui oblige à passer par des exports ;
  • des applications natives là où une application web sur le téléphone suffisait ;
  • des factures émises par l'application elle-même ;
  • un changement d'avis après la maquette plutôt que pendant.

Le dernier est le moins cher à éviter. Un bouton déplacé dans une maquette, dix minutes. Le même une fois la base construite, avec deux rôles qui en dépendent, deux jours parfois.

Et la partie chère du cahier des charges n'a pas toujours besoin d'une application. Si le gros du travail, c'est lire des messages et en recopier le contenu ailleurs, un agent IA le fait, à partir de 900 € HT de mise en place, et les cinq exemples d'agents IA en PME montrent où ça marche et où ça casse.

Petit d'abord

La première version du grossiste ne savait pas faire les avoirs. Trois mois de suite, chaque cagette abîmée, le patron l'a passée à la main dans sa facturation, en râlant pas mal. On a ajouté les avoirs au quatrième mois pour 600 €, une fois qu'on savait combien il y en avait vraiment. Onze par mois. Il en imaginait cinquante.

Une première version, ça sert à vérifier une seule chose : que les gens s'en servent. Je la garde maigre. Un seul type d'utilisateur, celui qui perd le plus d'heures aujourd'hui. L'administratif reste dans le tableur tant que ça ne fait pas mal, et pas de tableau de bord tant que personne n'a posé deux fois la même question.

La maquette, je la fais tester par cinq personnes. Pas vingt. Jakob Nielsen, du Nielsen Norman Group, écrivait déjà en 2000 qu'un premier test à cinq utilisateurs trouve environ 85 % des problèmes d'ergonomie. À Rousset, c'étaient trois artisans et deux gars du comptoir, debout devant la banque d'accueil, et c'est un plombier qui a trouvé le vrai défaut. Il réserve avec le pouce, son café dans l'autre main, et on avait mis le bouton tout en haut.

Et si vous embauchiez un développeur ?

La question tombe à chaque devis au-dessus de 15 000 €. Si le logiciel est votre produit et qu'il change toutes les semaines, embauchez, vous aurez raison. Sinon, faites le calcul. D'après l'Apec, la rémunération médiane des cadres du développement informatique était de 50 000 € bruts par an en 2025, et 80 % d'entre eux gagnaient entre 38 000 et 74 000 €. Charges en plus, pour une seule personne qui ne fera pas le design et ne regardera pas le serveur le dimanche.

Et il faut la trouver. L'Insee a relevé qu'en 2024, 5 % seulement des entreprises de 10 à 49 salariés avaient recruté ou cherché à recruter un spécialiste en TIC, contre 52 % de celles de 250 salariés et plus, et que six petites sur dix, parmi celles qui avaient essayé, avaient eu du mal (faute de candidats le plus souvent, et à cause des salaires demandés). J'ai vu deux fois une PME d'une quinzaine de personnes ouvrir un poste de développeur pour un seul outil interne. Dix-huit mois après, les deux postes étaient de nouveau vides.

Une agence a plus de monde à payer, ce qui se défend sur un gros chantier ; sur un outil à un rôle et six écrans, vous financez surtout des réunions. Et avant de choisir qui, vérifiez qu'un abonnement ne suffit pas : j'ai fait le calcul pour une sellerie de La Ciotat dans l'article sur le logiciel sur mesure en PME.

Lire un devis

Qui que vous consultiez, exigez un devis de logiciel sur mesure découpé en lignes, comme celui du grossiste, avec le nombre de types d'utilisateurs et de logiciels à brancher écrit dessus. Sans ça, personne ne pourra vous dire ce qui fera bouger le prix. Demandez aussi le coût mensuel, et à qui appartiennent le code et le serveur.

Une partie de ce qui sort de l'établi est sur le portfolio. Pas les trois logiciels de cet article, que leurs patrons gardent derrière un mot de passe.

Pour que je chiffre le vôtre de la même façon, poste par poste, réservez quinze minutes.

FAQ

Combien coûte un logiciel sur mesure pour une PME ?

Chez Studio Calanque, à partir de 9 000 € HT pour un type d'utilisateur, un processus et un branchement, livré en 4 à 8 semaines. La plupart des projets de PME tombent entre 9 000 et 30 000 € HT, plus 100 à 300 € HT par mois d'hébergement et de maintenance.

Quel est le prix d'une application web ?

Le même : un logiciel fait pour une PME est aujourd'hui presque toujours une application web. Comptez 9 000 € HT pour la plus petite, et jusqu'au double avec des applications natives iPhone et Android.

Pourquoi deux devis pour le même logiciel varient-ils autant ?

Le plus souvent, ils ne chiffrent pas le même logiciel. Le moins cher est parfois un outil de formulaires avec votre logo, payé chaque année par utilisateur, et le plus cher ajoute des applications natives. Demandez à chacun combien de types d'utilisateurs et de branchements il couvre.

Combien coûte la maintenance d'un logiciel sur mesure ?

Entre 100 et 300 € HT par mois chez nous, hébergement, sauvegardes, mises à jour de sécurité et petites corrections compris. On peut s'en passer, jusqu'au jour où un fournisseur change son interface.

Sources